
Maternelle, CP, CE1, CE2, CM1, CM2… L’an dernier, près de la moitié des élèves de l’école primaire — 48,3 % exactement — étaient scolarisés dans des classes à plusieurs niveaux.
Plus de neuf écoles sur dix comptaient au moins une classe regroupant plusieurs niveaux. Même si les chiffres pour la rentrée 2026 ne sont pas encore disponibles, ils devraient être très similaires.
Autrefois surtout présentes dans les zones rurales, les classes multiniveaux se sont largement développées dans les villes pour compenser la baisse de la natalité, explique Sylvie Jouan, enseignante-chercheuse à la Faculté d’éducation de l’Université de Montpellier et spécialiste des classes multiâges, au HuffPost.
« Aujourd’hui, nous utilisons les classes multiniveaux comme une variable d’ajustement pour équilibrer les effectifs. Par exemple, plutôt que de créer une classe de CE2 avec 16 élèves et une classe de CM1 avec 24 élèves, nous préférons créer deux classes de CE2-CM1 avec 20 élèves chacune », explique-t-elle.
Dans certaines zones rurales, il existe encore des écoles composées d’une seule classe avec un seul enseignant. Selon Le Figaro, environ 1 300 élèves sont actuellement scolarisés dans ce type de structure, regroupant des enfants de la maternelle au CM2.
Aucun impact sur les apprentissages
Bien que ces classes soient désormais courantes dans le système scolaire français, elles suscitent de nombreuses inquiétudes chez les parents.
Leur principale crainte : que l’écart de niveau entre les élèves ait un impact direct sur les apprentissages.
Sur ce point, Sylvie Jouan se veut rassurante. « Si l’on examine l’ensemble des études scientifiques portant sur les performances des élèves dans les classes multiniveaux, en France comme à l’étranger, on constate qu’elles sont généralement neutres. »
Autrement dit, le fait d’être dans une classe à niveau unique ou dans une classe multiniveaux n’aurait pas d’impact significatif sur les apprentissages.
La chercheuse souligne également qu’il est illusoire de penser que tous les élèves d’une même classe possèdent exactement les mêmes connaissances et compétences simplement parce qu’ils sont du même niveau.
« Même dans les classes à niveau unique, l’hétérogénéité existe. C’est à l’enseignant de savoir en tirer parti », souligne-t-elle.
Certaines classes se prêtent toutefois davantage à l’enseignement multiniveau, notamment la maternelle. « Ce sont des classes où il y a davantage de souplesse. Les enseignants sont moins contraints par des programmes comportant des objectifs d’apprentissage annuels et peuvent donc être davantage attentifs aux progrès individuels de chaque enfant », explique Sylvie Jouan.
Plus d’autonomie et d’entraide entre élèves
L’autre grande inquiétude des parents est que leur enfant soit délaissé par un enseignant trop occupé à gérer simultanément plusieurs niveaux.
« Cette crainte est particulièrement présente lorsque l’enfant est dans le niveau supérieur », constate Sylvie Jouan. « Les parents ont peur que le regroupement des niveaux freine leur enfant. »
Pourtant, les études en psychologie de l’apprentissage montrent plutôt l’inverse : les classes multiniveaux peuvent être particulièrement bénéfiques aux élèves les plus âgés, en renforçant leurs compétences psychosociales, notamment l’autonomie, la coopération et l’entraide avec les élèves plus jeunes.
« Lorsque deux enfants sont associés dans un système de tutorat, c’est le tuteur qui en bénéficie le plus, car il doit expliquer ce qu’il sait et réfléchir à des stratégies pour aider l’autre élève à progresser… »
Dans certaines classes multiniveaux, les enseignants suivent également leurs élèves pendant plusieurs années. Cela leur permet de mieux adapter leur façon de transmettre les connaissances et de favoriser leur mémorisation à long terme.
« Ils ont beaucoup plus de temps pour connaître les enfants et, surtout, ils peuvent planifier les progressions pédagogiques sur deux ans, voire davantage », observe Sylvie Jouan.
Cela permet notamment aux élèves qui avancent plus lentement de consolider les acquis du niveau précédent lorsqu’ils passent au niveau supérieur, sans redoubler. À l’inverse, les élèves plus rapides peuvent découvrir des notions du niveau suivant sans devoir changer de classe.
Un levier d’innovation pédagogique
L’enseignement simultané de plusieurs niveaux exige toutefois davantage de temps et d’efforts de la part des enseignants.
« Ils doivent travailler sur deux programmes scolaires nationaux ou davantage, réfléchir à une nouvelle organisation pédagogique… », souligne la chercheuse.
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Traduit automatiquement de l’anglais. Le texte original fait foi.
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