
Une idée qui fait son chemin. L’annulation d’une partie de la dette, mise dans le débat public par Jean-Luc Mélenchon à travers une formule provocatrice — il avait proposé de la « foutre au feu » — commence à trouver un certain écho auprès des Français.
Selon un sondage YouGov réalisé pour Le HuffPost, 43 % des Français se disent favorables à cette mesure, contre 31 % qui y sont opposés et 27 % qui n’ont pas d’avis.
Un résultat qui intervient alors que la proposition a été vivement critiquée et parfois moquée. Dans le détail, l’annulation des 18 % de la dette détenus par la Banque de France et la Banque centrale européenne, défendue par le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, est davantage soutenue par les jeunes : 50 % des 18-24 ans y sont favorables, contre seulement 39 % des plus de 55 ans.
Sans surprise, les sympathisants de gauche sont les plus favorables à la mesure. Ainsi, 46 % des personnes se disant proches du Parti socialiste soutiennent cette idée, contre 30 % qui la rejettent. Chez les sympathisants de La France insoumise, le soutien atteint 63 %.
Mais les électeurs du centre et de la droite ne rejettent pas non plus totalement la proposition. 42 % des sympathisants du « bloc central » — Renaissance, MoDem et Horizons — y sont favorables, tout comme 47 % des sympathisants des Républicains.
De quoi faire réfléchir leurs représentants politiques ? Gabriel Attal avait, lui, rejeté catégoriquement la mesure, affirmant qu’elle « condamnerait la France à la plus grave crise qu’elle ait jamais connue ».
Si la proposition a suscité une vive polémique cet été, Jean-Luc Mélenchon la défend depuis longtemps. Dès 2020, il plaidait à l’Assemblée nationale pour que la BCE rachète une partie de la dette publique et l’annule.
L’idée figurait également dans le programme L’Avenir en commun en 2022, sous le titre : « Refuser le chantage : annuler la dette publique ».
L’ancien sénateur socialiste ne propose toutefois pas d’effacer l’intégralité de la dette française, mais uniquement la part détenue par la BCE par l’intermédiaire de la Banque de France. Le reste appartient à des investisseurs internationaux, des banques, des assureurs ainsi qu’aux Français eux-mêmes, notamment à travers leur épargne.
La proposition est soutenue par certains économistes, principalement proches de la gauche, tandis que d’autres la dénoncent.
Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2021, plus de 100 économistes, dont Thomas Piketty et Nicolas Dufrêne, estimaient que cette annulation permettrait « d’offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique », tout en contribuant à réparer les dégâts sociaux, économiques et culturels.
D’autres économistes mettent au contraire en avant les risques inflationnistes et les difficultés pratiques d’une telle mesure, qui nécessiterait l’accord de la BCE. Sa présidente, la Française Christine Lagarde, s’y oppose fermement.
Source: YAHOO FINANCE – Read the original Article
