
Le président Donald Trump intensifie la guerre commerciale avec le Canada en ordonnant l’interdiction des produits laitiers canadiens, de la plupart des boissons alcoolisées et des motos, avec une entrée en vigueur prévue dans trois semaines.
Ces nouvelles mesures, rapportées par Axios et confirmées par plusieurs médias, ont été annoncées mardi après que le Canada a imposé des droits de douane de représailles sur environ 20 milliards de dollars de produits américains, marquant une nouvelle escalade dans un conflit commercial qui dure depuis 18 mois entre les deux partenaires historiques.
Le délai de trois semaines crée une fenêtre potentiellement importante pour les négociations avant l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions américaines.
La dernière décision de l’administration va au-delà des droits de douane et s’inscrit dans une stratégie commerciale plus large décrite mardi par Axios, alors que Trump envisage d’utiliser les interdictions d’importation comme nouvelle arme contre les pays étrangers.
Trump a également menacé séparément d’empêcher le constructeur aéronautique canadien Bombardier de vendre ses avions aux États-Unis.
Mardi, Trump a aussi ordonné de restreindre l’accès des produits canadiens aux grands contrats publics américains à long terme. L’Administration des services généraux devra déclarer ces produits inéligibles tant que le Canada n’aura pas accordé ce que l’administration américaine qualifie de « réciprocité pleine et équitable » pour les produits américains.
Cette nouvelle confrontation intervient après l’échec des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada en août.
Le 22 août, l’administration Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes, ciblant notamment les produits laitiers, les boissons alcoolisées, le bois, les meubles et d’autres marchandises.
Le Canada a répondu mardi avec des droits de douane allant de 15 % à 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits américains, notamment l’acier, l’aluminium, le fromage, les appareils électroménagers, les vêtements, les cosmétiques et les équipements agricoles.
Les mesures canadiennes concernent environ 6 % des 333,6 milliards de dollars de marchandises que les États-Unis ont exportées vers le Canada l’an dernier, selon l’Associated Press.
Le Premier ministre Mark Carney a déclaré mardi que le Canada allait accélérer ses efforts pour réduire sa dépendance économique envers les États-Unis.
Le conflit sur l’alcool est particulièrement important. Le Canada a exporté environ 1,36 milliard de dollars de boissons alcoolisées en 2023, dont près de 90 % vers les États-Unis, selon le Service des délégués commerciaux du Canada — soit environ 1 milliard de dollars américains selon le taux de change utilisé pour la conversion.
Des données commerciales plus récentes montrent que les importations américaines en provenance du Canada dans la catégorie plus large des boissons, spiritueux et vinaigres ont atteint environ 1,56 milliard de dollars en 2025.
La relation commerciale globale dépasse largement ces catégories individuelles. Les importations américaines de marchandises canadiennes ont atteint 381,9 milliards de dollars en 2025, tandis que les exportations américaines vers le Canada se sont élevées à 333,6 milliards de dollars, selon le Bureau du représentant américain au commerce.
Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont représenté environ 407 milliards de dollars en 2025, selon Reuters, soulignant la dépendance persistante d’Ottawa envers le marché américain malgré ses efforts de diversification.
Plus de 70 % des exportations canadiennes sont toujours destinées aux États-Unis, selon l’Associated Press.
Les nouvelles restrictions interviennent donc à un moment décisif : Washington a fixé un délai de trois semaines avant l’interdiction des produits laitiers, de l’alcool et des motos, tandis qu’Ottawa poursuit ses droits de douane de représailles et cherche à développer de nouvelles relations commerciales.
Les responsables américains et canadiens restent en contact malgré l’échec des négociations officielles, selon l’Associated Press, mais aucun des deux camps n’a indiqué qu’une nouvelle série de négociations formelles était imminente.
Source: NewsMax – Read the original Article
