
Les insurgés houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont poursuivi lundi leurs attaques contre des cibles en Arabie saoudite, poussant les autorités saoudiennes à émettre des alertes de défense civile dans plusieurs villes du sud du pays, dont, pour la première fois, la ville sainte musulmane de La Mecque.
« La plateforme nationale d’alerte précoce pour les urgences a émis l’alerte, selon la Défense civile saoudienne, sans préciser la nature du danger. Elle a appelé les habitants à éviter les zones très fréquentées et les espaces ouverts et à se mettre immédiatement à l’abri à l’intérieur », a rapporté mardi depuis La Mecque le site d’information indépendant Al-Monitor.
« La Défense civile a ensuite annoncé que le danger était passé, appelant les habitants à continuer d’éviter les rassemblements ainsi que de filmer ou de prendre des photos », indique le rapport.
Des alertes ont également retenti dans la ville saoudienne de Djeddah, où le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) tient des réunions du cabinet et coordonne l’effort de guerre. MBS a rencontré lundi le chef du CENTCOM américain, l’amiral Bradley Cooper, à Djeddah.
Des attaques houthis ont été confirmées lundi dans les villes de Khamis Mushayt, Abha et Taïf. Les Houthis ont affirmé avoir lancé des dizaines de missiles et de drones contre des hangars d’avions, des systèmes radar, des pistes d’atterrissage et des dépôts de munitions sur la base aérienne de Khamis Mushayt. Les autorités saoudiennes ont déclaré qu’au moins 13 civils avaient été blessés dans ces attaques.
Le porte-parole de l’armée saoudienne, le colonel Turki al-Maliki, a condamné les « attaques odieuses et délibérées » des Houthis contre les civils et promis de prendre « toutes les mesures opérationnelles nécessaires » pour empêcher de nouvelles attaques.
Des responsables du gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite et reconnu internationalement ont déclaré lundi que des avions saoudiens et yéménites avaient bombardé des positions houthis autour des villes côtières de la mer Rouge capturées par les insurgés lors de leur offensive rapide du week-end.
« Les Houthis subissent une forte pression. Ils exercent à leur tour une pression croissante sur les Saoudiens, intensifiant leur campagne d’attaques de missiles et de drones », a déclaré un responsable du gouvernement yéménite.
Des responsables yéménites ont affirmé avoir réalisé d’importantes avancées contre les Houthis lundi, reprenant plusieurs positions stratégiques dans la province de Taïz, bien qu’ils ne soient pas encore parvenus à déloger les Houthis des villes qu’ils ont capturées.
Un responsable houthi a déclaré mardi que trois civils, dont deux enfants, avaient été tués par des frappes aériennes saoudiennes dans la province de Taïz. Des sources d’information indépendantes n’ont pas pu vérifier cette affirmation.
Les Houthis ont affirmé que l’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite avaient mené au moins 54 frappes aériennes lundi, dont beaucoup avec des chasseurs F-15 et Typhoon décollant de la base aérienne de Khamis Mushayt. Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé le nombre de frappes ni leurs cibles.
MBS s’est rendu mardi en Égypte pour rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi. Les médias saoudiens ont indiqué que leurs discussions porteraient sur « diverses questions d’intérêt commun entre l’Égypte et l’Arabie saoudite ».
Selon certaines informations, le dirigeant saoudien aurait demandé au président Donald Trump une assistance militaire contre les Houthis. Trump aurait toutefois refusé de s’engager à déployer des forces aériennes ou terrestres américaines au Yémen, tandis que l’amiral Cooper n’aurait proposé lundi qu’un partage de renseignements.
Les Saoudiens se sont ensuite tournés vers le Pakistan, qui a signé en août un accord de défense trilatéral avec l’Arabie saoudite et la Turquie, connu sous le nom d’accord de défense conjoint de La Mecque. Le Pakistan a averti l’Iran qu’il pourrait intervenir pour protéger les Saoudiens si les attaques houthis se poursuivaient, mais cet avertissement a été ignoré par les Iraniens comme par les Houthis. Le Pakistan n’a encore pris aucune mesure concrète et aucune information ne fait état d’une invocation formelle par l’Arabie saoudite de la clause de défense mutuelle de l’accord de La Mecque.
Le service d’information égyptien Al-Ahram a relevé que les attaques houthis contre les installations pétrolières saoudiennes et le vital oléoduc Est-Ouest, combinées au blocus par les Houthis des expéditions de pétrole saoudien via la mer Rouge, ont presque totalement paralysé les efforts de l’Arabie saoudite pour expédier son pétrole par la mer Rouge afin d’éviter le détroit d’Ormuz.
Source: Brietbart – Read the original Article
