
Après l’échec de l’Iran à obtenir le soutien des BRICS et de la Chine cette semaine dans sa recherche de soutien international, Pékin aurait demandé en privé à Téhéran de contenir les Houthis au Yémen, ses alliés qui ont attaqué à plusieurs reprises l’Arabie saoudite et cherché à bloquer le transport maritime saoudien via le détroit de Bab el-Mandeb.
Jeudi, Reuters a cité trois sources iraniennes affirmant que l’Arabie saoudite avait demandé l’aide de la Chine pour repousser les attaques des Houthis. Pékin aurait ensuite demandé à l’Iran de faire reculer les Houthis avant que le conflit ne s’aggrave davantage et ne menace les routes maritimes dont la Chine a besoin pour répondre à son énorme demande de pétrole.
Les sources iraniennes n’ont pas précisé comment la Chine avait formulé cette demande. Elle aurait notamment pu être transmise directement par le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à son homologue iranien Abbas Araghchi lors de la visite de ce dernier à Pékin mercredi.
Wang Yi a publiquement exhorté Araghchi à rouvrir le détroit d’Ormuz et à revenir au respect du protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran sous la médiation du Pakistan en juin.
La visite d’Araghchi à Pékin est intervenue après que les Houthis ont lancé un drone en direction de La Mecque, la ville sainte musulmane en Arabie saoudite. L’attaque a suscité de vives condamnations de la part de pays et d’organisations musulmans à travers le Moyen-Orient.
Selon les sources iraniennes, la Chine « n’a formulé aucune menace explicite et n’a pas indiqué que Pékin chercherait à exercer une pression économique sur Téhéran » si l’Iran ne faisait pas usage de son influence sur les Houthis. L’Iran aurait répondu en attribuant toutes les hostilités au Moyen-Orient aux États-Unis et à Israël.
« La Chine ne souhaite pas voir les tensions régionales s’étendre davantage au Yémen et à la mer Rouge. Une aggravation de l’instabilité régionale n’est dans l’intérêt d’aucune partie », a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères à Reuters.
La Chine avait déjà négocié en 2023 le rapprochement diplomatique entre l’Arabie saoudite et l’Iran, deux rivaux de longue date. Pékin avait présenté cet accord comme une importante réussite diplomatique et cherchait à renforcer son image de puissance diplomatique mondiale capable de rivaliser avec les États-Unis.
La Chine espérait également contrer les accords d’Abraham lancés par le président Donald Trump lors de son premier mandat, en rapprochant l’Arabie saoudite de son propre cercle d’influence. Trump cherche depuis longtemps à faire rejoindre Riyad aux accords et à normaliser les relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et Israël.
Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran à la fin février 2026, la Chine a parfois tenté de jouer les médiateurs, sans obtenir jusqu’ici de résultats significatifs. La Chine a été particulièrement touchée par les attaques iraniennes contre le détroit d’Ormuz, étant le principal client du pétrole iranien, et a déjà exhorté sans succès Téhéran à revenir à l’accord conclu avec Washington en juin.
La Chine est le principal partenaire commercial de l’Iran et son principal soutien diplomatique. Des observateurs se demandent donc quand Pékin pourrait utiliser plus fermement son influence sur Téhéran pour obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz.
Selon certains observateurs, la Chine aurait pu chercher à envoyer un signal au président Donald Trump en invitant Abbas Araghchi à Pékin après le sommet des BRICS en Inde. Mais Pékin aurait surtout réaffirmé son souhait de voir les hostilités prendre fin et les routes maritimes rouvertes en toute sécurité, sans apporter de soutien supplémentaire significatif à l’Iran.
De son côté, l’Iran n’aurait pas cédé aux pressions publiques ou privées de Pékin et n’aurait pris aucune mesure concrète pour rouvrir le détroit d’Ormuz ou contenir les Houthis.
Jeudi, Araghchi a affirmé que l’Iran « accorde toujours une importance particulière au partenariat stratégique que nous avons construit au fil du temps » avec la Chine, laissant entendre que Pékin pourrait soutenir les « quatre principes de paix » défendus par Téhéran dans la région. La Chine n’a toutefois fait aucune déclaration publique allant dans ce sens.
Selon Ynet News, l’Arabie saoudite aurait également demandé à Oman d’approcher les Houthis afin de négocier un cessez-le-feu de deux semaines. Les discussions porteraient notamment sur ce que les Houthis qualifient de « question humanitaire », dont leur demande de levée du blocus naval saoudien du Yémen. Aucun responsable omanais ou saoudien n’a publiquement confirmé cette proposition à ce jour.
Oman tente depuis plusieurs années de jouer les médiateurs dans la guerre civile yéménite et entretient également une relation particulière avec l’Iran.
Si la Chine décide effectivement d’exercer davantage de pression sur l’Iran, elle pourrait attendre la rencontre prévue entre Xi Jinping et Donald Trump le 24 septembre. Xi pourrait chercher à obtenir des concessions économiques américaines avant d’utiliser davantage son influence auprès de Téhéran, mais Pékin pourrait également s’inquiéter de voir son approvisionnement en pétrole perturbé pendant encore une ou deux semaines.
Trump a déclaré jeudi qu’il était proche de prendre une décision concernant la reprise d’opérations militaires de grande ampleur contre l’Iran, ce qui pourrait également accentuer la pression sur la Chine.
« J’ai une grande décision à prendre. Est-ce que je veux entrer en guerre et les anéantir ou non ? C’est une grande décision. Tout peut arriver avec moi », a déclaré Trump lors d’un entretien téléphonique avec le journaliste Barak Ravid.
Trump a indiqué qu’il pourrait prendre cette décision après avoir rencontré mardi, à New York, les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, de Bahreïn, du Koweït et d’Oman à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies.
Source: Brietbart – Read the original Article
