
Cette découverte date d’août 2025, mais elle mérite d’être rappelée : des scientifiques des universités de Guangzhou et de Jinan ont démontré que faire bouillir l’eau du robinet constitue une méthode particulièrement efficace contre les microplastiques.
Ces particules, issues de la dégradation des emballages ou de l’usure des canalisations, résistent aux procédés conventionnels de traitement de l’eau. Elles sont trop petites pour être retenues par les systèmes de filtration standards et leur capacité à absorber d’autres polluants les rend particulièrement préoccupantes. Faire bouillir l’eau offre une solution simple, accessible à tous et ne nécessitant aucun équipement spécialisé.
Microplastiques dans l’eau du robinet : une contamination silencieuse et généralisée
Les microplastiques et les nanoplastiques sont présents partout. Polyéthylène, polypropylène, polystyrène : ces matériaux omniprésents se fragmentent et finissent inévitablement dans les réseaux d’eau potable. Une étude publiée dans Chemosphere a analysé 38 échantillons prélevés dans plusieurs villes chinoises, avec des concentrations pouvant atteindre 1 247 particules par litre. Un chiffre impressionnant, mais le phénomène ne se limite pas à la Chine.
Les canalisations domestiques en plastique contribuent elles-mêmes à cette pollution intérieure. Ainsi, même dans les pays disposant d’infrastructures de traitement de l’eau performantes, aucune eau du robinet n’est totalement exempte de ces particules. Et leurs effets sur la santé commencent à susciter de sérieuses inquiétudes chez les chercheurs.
Des expériences menées sur des souris et publiées dans Ecotoxicology and Environmental Safety montrent que l’ingestion régulière de nanoparticules de polystyrène modifie profondément la composition du microbiote intestinal. Plus les particules sont petites, plus les perturbations sont importantes.
Trois autres effets ont été observés dans ces mêmes études animales :
- Une augmentation de l’expression de gènes liés à la résistance aux antibiotiques.
- Un déséquilibre des fonctions métaboliques intestinales.
- Une diminution de la capacité d’absorption des nutriments.
Ces observations ne permettent pas encore de tirer des conclusions définitives chez l’être humain, mais elles justifient clairement de prendre des précautions dès maintenant.
Faire bouillir l’eau pour piéger les plastiques : comment ça fonctionne ?
Le mécanisme est d’une grande simplicité. Lorsque l’eau chauffe, le carbonate de calcium qu’elle contient naturellement précipite et forme du calcaire, ce dépôt blanchâtre bien connu que l’on retrouve au fond des bouilloires. Ce calcaire piège physiquement les particules de plastique en les encapsulant, ce qui permet ensuite de les éliminer facilement.
Les résultats, publiés dans Environmental Science & Technology Letters, sont clairs : avec une concentration de 300 mg/L de carbonate de calcium, le taux de capture des nanoplastiques atteint 90 %. Dans une eau douce, pauvre en minéraux, ce taux tombe à environ 25 %.
Concrètement, plus votre eau est calcaire, plus cette méthode serait efficace. Si vous vivez dans une région où l’eau est dure, vous bénéficiez donc paradoxalement d’un avantage dans ce cas.
Après avoir fait bouillir puis refroidir l’eau, il suffit de la filtrer avec une simple passoire à thé ou un filtre mécanique basique afin d’éliminer les résidus piégés. Aucune technologie coûteuse ni installation particulière n’est nécessaire.
Pour que la méthode soit réellement efficace, deux conditions sont essentielles : l’eau doit bouillir suffisamment longtemps et elle doit être complètement refroidie avant d’être filtrée. C’est cette phase de refroidissement qui permet au calcaire de se solidifier autour des particules et de les rendre récupérables.
Faire bouillir l’eau ne permet évidemment pas de résoudre la pollution plastique à sa source, mais il s’agit sans doute de l’une des mesures les plus simples et immédiates pour réduire son exposition quotidienne aux microplastiques.
Source: Yahoo Finance – Read the original Article
