Les prix du pétrole ont abandonné leurs gains antérieurs vendredi après des informations selon lesquelles le Pakistan tentait de négocier un retour aux négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran. La Chine soutient fermement cet effort alors que le conflit et la fermeture du détroit d’Ormuz continuent de menacer sa sécurité énergétique et de peser sur son économie.
Le brut Brent pour livraison en septembre a chuté de 4,4 % pour s’échanger à 96,36 $ le baril à 13 h 35 HE, tandis que le brut WTI pour livraison en septembre a baissé de 3,6 % pour changer de mains à 88,86 $/baril.
Cependant, Standard Chartered affirme que le dernier recul pourrait s’avérer temporaire, car le risque sur le marché pétrolier du Moyen-Orient est passé d’un point d’étranglement stratégique à deux.
Lundi, le groupe militant Houthi du Yémen a imposé un blocus maritime ciblé contre l’Arabie saoudite, menaçant de le faire respecter en empêchant les navires liés à l’Arabie saoudite de transiter par le détroit vital de Bab el-Mandeb. Le groupe a affirmé que le blocus était une représaille directe à une décennie de confinement saoudien du Yémen ainsi qu’à une récente frappe aérienne soutenue par l’Arabie saoudite visant l’aéroport international de Sanaa.
La menace a immédiatement ébranlé les marchés pétroliers, incitant plusieurs très gros transporteurs de brut (VLCC) liés à l’Arabie Saoudite à abandonner les transits prévus par le détroit de Bab el-Mandeb et à se réorienter autour du Cap de Bonne-Espérance en Afrique, ajoutant jusqu’à deux semaines à chaque voyage. Deux jours plus tard, les Houthis ont donné suite. Le groupe a lancé jeudi des missiles balistiques et des drones sur deux pétroliers saoudiens, endommageant les deux navires et déclenchant des incendies à bord. Le brut Brent a bondi de près de 20 dollars le baril, grimpant brièvement au-dessus de 100 dollars.
Les attaques ont eu lieu après que l’Arabie saoudite ait déjà acheminé environ 70 à 75 % de ses exportations de brut via le pipeline Est-Ouest vers le port de Yanbu sur la mer Rouge, les fermetures et les perturbations continues limitant les expéditions via le détroit d’Ormuz.
Standard Chartered estime que les chargements à Yanbu ont grimpé à environ 4,5 millions de barils par jour alors que Riyad a redirigé ses exportations vers le golfe Persique. Si l’on ajoute à cela les flux de brut vers le sud en provenance du canal de Suez, environ 7 millions de barils par jour transitaient par le détroit de Bab el-Mandeb avant les attaques des Houthis, faisant de cette voie navigable l’un des goulots d’étranglement pétroliers les plus importants au monde.
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