
Que savons-nous de l’impact de notre alimentation sur le vieillissement de nos cellules ? Alors que les études épidémiologiques montrent qu’en adoptant une alimentation équilibrée, nous vivons généralement plus longtemps et en meilleure santé, l’effet concret de l’alimentation sur notre organisme reste un vaste domaine d’exploration pour les scientifiques.
Les repas de 7 500 personnes passés au crible
Pour tenter d’apporter des réponses scientifiques à cette question, des chercheurs allemands du German Centre for Neurodegenerative Diseases (DZNE) ont analysé les habitudes alimentaires de 6 470 hommes et femmes adultes âgés de 30 à 95 ans. Leur objectif était de mesurer, pour chaque volontaire, à quel point son alimentation ressemblait ou s’éloignait de huit régimes considérés par la science comme « bénéfiques pour la santé ».
L’adhésion à ces régimes a été quantifiée et évaluée à l’aide d’un système de notation basé sur le degré de conformité à chaque modèle alimentaire. Une même personne pouvait donc obtenir un score élevé pour un régime et faible pour un autre.
L’empreinte de l’alimentation jusque dans l’ADN
Un échantillon de sang a été prélevé sur chaque volontaire afin d’analyser les modifications de son ADN, plus précisément ses profils de méthylation. La méthylation de l’ADN est un mécanisme épigénétique qui influence l’expression des gènes sans modifier la séquence de l’ADN. Son évolution au fil du temps sert à estimer l’âge biologique. Ce sont les fameuses « horloges épigénétiques ».
Au total, les chercheurs ont étudié environ 850 000 sites de l’ADN, soit deux fois plus que les études précédentes sur le sujet, ce qui permet une grande précision. Ils ont ensuite cherché à déterminer s’il existait des liens entre les profils de méthylation et les habitudes alimentaires. Ces liens ont finalement été validés à partir des données d’une autre cohorte de plus de 1 000 adultes.
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Publiés dans Nature Communications, les résultats montrent qu’une alimentation considérée comme « saine » est associée à un vieillissement biologique plus lent.
« Les effets ne sont pas spectaculaires, mais ils sont mesurables et pertinents en matière de prévention », explique Monique Breteler, directrice des sciences de la santé des populations au DZNE. « En ralentissant le processus de vieillissement, nous pouvons réduire le risque de maladies liées à l’âge, comme la démence ou les troubles cardiovasculaires. Ainsi, une alimentation saine contribue à un vieillissement en bonne santé. »
Les chercheurs ont analysé les profils de méthylation de l’ADN des volontaires afin d’évaluer les modifications de l’expression des gènes associées à l’alimentation.
Ne cherchez pas le régime parfait !
Il n’existe pas non plus de régime « idéal » unique. Selon les calculs des chercheurs, différents modèles alimentaires sont associés à un vieillissement plus lent, certains davantage que d’autres. C’est une bonne nouvelle, car cela signifie qu’une alimentation saine peut être adaptée aux préférences et aux goûts de chacun, à différents budgets et aux normes culturelles.
« Bien qu’il existe des différences mesurables entre les régimes, elles restent modestes dans l’absolu. C’est l’ensemble qui compte », explique Juliana Tavares, doctorante au DZNE et principale auteure de la publication.
Un résultat surprenant, que les chercheurs ne sont actuellement pas en mesure d’expliquer, est que chez les fumeurs, l’association entre la qualité de l’alimentation et le ralentissement du vieillissement biologique était plus forte que chez les non-fumeurs. Cela pourrait signifier que les fumeurs auraient beaucoup à gagner à adopter une alimentation saine, compte tenu des effets considérablement nocifs du tabagisme.
Autre résultat intéressant : chez les personnes dont l’alimentation se rapprochait le plus du régime DASH, les voies métaboliques actives correspondaient à des fonctions cardiaques et vasculaires. Chez celles dont l’alimentation se rapprochait davantage du régime MIND, elles étaient liées à la santé cérébrale, ce qui confirme la pertinence de ces deux régimes.
Dans tous les cas, il est apparu que les différents régimes agissaient souvent sur les mêmes mécanismes biologiques, même si les sites de méthylation concernés étaient souvent différents.
« Plus de 70 % des voies biologiques affectées sont communes à tous les régimes », explique Juliana Tavares. « Elles concernent la structure cellulaire, la signalisation cellulaire et le métabolisme — des processus essentiels au vieillissement et aux maladies chroniques. Il est donc compréhensible que les régimes que nous avons étudiés soient tous associés à un ralentissement du vieillissement biologique. »
Les principaux enseignements de l’étude
Il n’est pas nécessaire de se forcer à adopter une alimentation parfaite pour ralentir le vieillissement. Suivre quelques règles simples — consommer beaucoup de légumes, de légumineuses et de céréales complètes, limiter la viande rouge, les viandes transformées et le fromage, ainsi que les aliments ultra-transformés et sucrés — pourrait fournir à vos cellules ce dont elles ont besoin pour rester jeunes le plus longtemps possible.
Source: Yahoo Finance – Read the original Article
