
« Si vous continuez à regarder votre téléphone au rythme actuel, vous passerez au total XX années de votre vie devant votre écran. » C’est le message qu’affiche l’application japonaise Blockin à ses utilisateurs, en leur demandant d’indiquer leur temps d’utilisation quotidien du téléphone lors de leur inscription. Pour un utilisateur de moins de 18 ans passant entre trois et quatre heures par jour sur son téléphone — la moyenne nationale pour cette tranche d’âge — le chiffre atteint la vertigineuse durée de vingt et un ans.
Alors que l’addiction aux réseaux sociaux chez les mineurs fait débat dans le monde entier, l’application japonaise, dotée de fonctionnalités efficaces permettant de limiter l’accès à ces plateformes, a été téléchargée plus d’un million de fois depuis mai 2023.
Les smartphones disposent déjà d’applications gratuites similaires, mais celles-ci sont souvent assez flexibles, notamment parce que les limites de temps d’utilisation peuvent être facilement supprimées. Conscients de cela, les développeurs de Blockin, l’entreprise qui commercialise l’application, ont pris soin de rendre cette procédure « très fastidieuse », comme l’a expliqué Yoshinori Yamao, coprésident de la société, dans une interview accordée au quotidien Asahi Shimbun.
De plus, chaque fois qu’un utilisateur tente de désactiver la restriction, Blockin affiche un message tel que : « La différence entre un gagnant et un perdant, c’est la constance. »
La version payante de l’application, qui coûte 6 600 yens par an (environ 35 €), permet également de bloquer définitivement les réseaux sociaux pendant une période déterminée.
« La peur de voir son temps disparaître »
Alors que de nombreux parents désespèrent de voir leurs enfants devenir dépendants de leur téléphone portable, les collégiens et lycéens représentent 70 % des utilisateurs de Blockin, note le Nihon Keizai Shimbun.
Fait notable, ce ne sont pas leurs parents qui installent l’application sur leurs téléphones, mais les mineurs eux-mêmes qui la téléchargent de leur propre initiative.
Selon la presse locale, cela s’explique par le système scolaire japonais : les concours d’entrée, souvent très compétitifs, au collège et au lycée poussent les jeunes Japonais à mieux gérer leur temps.
D’où le fait que « l’application enregistre un grand nombre d’utilisateurs en août [période durant laquelle les adolescents préparent leurs examens] et en janvier [deux mois avant la période des examens] », souligne le quotidien.
Source: Yahoo FInance – Read the original Article
