
Israël et le Maroc ont conclu mercredi à New York un accord prévoyant l’échange d’ambassadeurs et l’ouverture d’ambassades à part entière, lors d’une rencontre avec l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz.
Cette avancée diplomatique intervient six ans après l’adhésion du Maroc aux Accords d’Abraham, l’initiative lancée par le président Donald Trump pour normaliser les relations entre Israël et plusieurs pays arabes.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a signé l’accord aux côtés de Mike Waltz et du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. Israël et le Maroc ont convenu de transformer leurs consulats actuels en ambassades à part entière et d’échanger des ambassadeurs.
Les deux pays ont également convenu de rétablir les vols directs d’ici la fin de l’année et d’élargir leur coopération dans les domaines du commerce et de la finance.
Israël et les États-Unis ont par ailleurs réaffirmé leur soutien à la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, une position particulièrement importante pour Rabat. Le Maroc contrôle actuellement environ 80 % du territoire, tandis que le reste est contrôlé par des mouvements séparatistes.
Le Maroc a proposé un « plan d’autonomie » visant à régler le conflit du Sahara occidental en créant une région autonome sous souveraineté marocaine. Cette proposition bénéficie d’un soutien international croissant, notamment d’une résolution favorable des Nations unies en novembre 2025.
« L’établissement de relations diplomatiques complètes, pacifiques et amicales entre le Maroc et Israël est dans l’intérêt commun des deux pays et fera avancer la cause de la paix », ont déclaré les États-Unis, Israël et le Maroc dans un communiqué commun.
L’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Danny Danon, a salué jeudi cette « étape importante » visant à approfondir les relations diplomatiques entre Israël et le Maroc.
Mike Waltz a déclaré que, six ans après leur signature, les Accords d’Abraham de Donald Trump « continuent de remplacer les anciennes rancœurs au Moyen-Orient par de solides liens économiques et de nouvelles opportunités ».
Le ministre israélien Gideon Sa’ar a également souligné que « l’amitié entre les peuples marocain et juif possède des racines profondes et une riche histoire ».
Interrogé sur les récentes attaques des Houthis soutenus par l’Iran contre l’Arabie saoudite et sur la possibilité qu’elles rapprochent Riyad des Accords d’Abraham, Waltz a condamné les actions des Houthis, les qualifiant de « fléau du terrorisme » et de « proxy du régime iranien ».
L’Arabie saoudite s’est déclarée intéressée par les Accords d’Abraham, mais affirme qu’elle n’y adhérera pas tant qu’Israël n’aura pas établi une voie vers la création d’un État palestinien.
Selon une analyse de Ynet, les récentes attaques des Houthis pourraient toutefois modifier la position de Riyad, alors qu’Israël fournirait déjà aux Saoudiens une assistance informelle fondée sur le renseignement contre les insurgés yéménites.
Ynet avance également l’hypothèse que Donald Trump aurait refusé certaines demandes d’aide militaire du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, tandis que les forces alliées de Riyad au Yémen étaient confrontées à l’avancée des Houthis. L’Égypte, le Pakistan et la Turquie auraient eux aussi refusé de répondre favorablement aux demandes d’assistance saoudiennes.
Source: Brietbart – Read the original Article
