
La coalition des partis de gauche en Suède semble avoir pris l’avantage sur le bloc conservateur au pouvoir à l’issue des élections législatives, dans un scrutin marqué par d’importantes différences de vote selon l’origine des électeurs.
Selon les résultats préliminaires de la chaîne publique SVT, le bloc d’opposition disposait de 176 sièges contre 173 pour les partis du gouvernement sortant. Au 17 septembre, 99 % des bureaux de vote avaient été comptabilisés.
Selon les données de sortie des urnes citées par SVT, les électeurs d’origine extra-européenne ont davantage voté pour les partis de gauche que pour les partis du bloc de droite. Toutefois, ces données ne permettent pas à elles seules d’établir que l’immigration a déterminé le résultat final.
Chez les électeurs d’origine extra-européenne, les sociaux-démocrates auraient obtenu 37 % des voix et le Parti de gauche 21 %, contre 13 % pour les Modérés et 10 % pour les Démocrates de Suède.
Chez les électeurs d’origine européenne vivant en Suède, les sociaux-démocrates auraient obtenu 29 % et le Parti de gauche 10 %, contre 19 % pour les Modérés et 14 % pour les Démocrates de Suède.
À l’inverse, parmi les électeurs suédois sans origine migratoire, les Modérés auraient obtenu 20 % et les Démocrates de Suède 18 %, tandis que les sociaux-démocrates auraient obtenu 27 % et le Parti de gauche 7 %.
Le résultat met également en évidence une question concernant les 200 000 personnes ayant obtenu la nationalité suédoise sous le gouvernement de coalition Tidö. Une analyse de SVT estime que ces nouveaux citoyens auraient pu représenter plusieurs dizaines de milliers de voix supplémentaires pour le bloc de gauche si leur participation et leurs choix électoraux avaient été similaires à ceux des groupes de migrants plus larges.
Mais SVT souligne qu’il s’agit d’une hypothèse, et non d’un fait pouvant être vérifié empiriquement. Les chercheurs cités par la chaîne indiquent qu’il est impossible de connaître avec certitude le comportement électoral des nouveaux citoyens.
Dans son estimation, SVT indique qu’en appliquant les comportements électoraux observés dans son enquête aux différents groupes et en supposant une participation de 60 %, les nouveaux citoyens pourraient représenter un avantage d’environ 35 000 voix pour le bloc de gauche. Cette estimation constitue toutefois une limite supérieure, notamment parce qu’elle inclut des mineurs et repose sur plusieurs hypothèses.
Certains quartiers fortement marqués par l’immigration ont également enregistré des résultats très favorables à la gauche. À Malmö, par exemple, le quartier de Rosengård Centrum a donné, selon les résultats préliminaires, une très large majorité de ses suffrages aux sociaux-démocrates et au Parti de gauche.
L’idée selon laquelle les nouveaux citoyens auraient à eux seuls « décidé » l’élection reste donc non démontrée. SVT rapporte que les chercheurs en science politique soulignent également le rôle d’autres facteurs, notamment les politiques des partis, les enjeux électoraux, les tendances idéologiques, la situation économique et la mobilisation des électeurs.
Le résultat provisoire reste par ailleurs soumis au décompte final des votes provenant de l’étranger et des bulletins anticipés arrivés tardivement.
Source: Brietbart – Read the original Article
