
L’Associated Press (AP) affirme qu’elle continuera d’appeler le lac Ontario par son nom historique, malgré le décret du président Donald Trump ordonnant au gouvernement fédéral américain de désigner cette étendue d’eau partagée entre les États-Unis et le Canada sous le nom de « Lake America ».
L’agence de presse a demandé à ses journalistes de mentionner le nom choisi par Trump lorsque cela est pertinent, tout en conservant « Lake Ontario » dans sa couverture. Cette décision ouvre un nouveau désaccord sur les noms géographiques, après un précédent conflit qui avait conduit la Maison-Blanche à restreindre l’accès des journalistes de l’AP à certains événements présidentiels.
« L’Associated Press désignera le lac Ontario par son nom d’origine, tout en mentionnant le nom choisi par Trump lorsque cela est pertinent », a déclaré l’AP. « En tant qu’agence de presse mondiale qui diffuse des informations à travers le monde, l’AP doit veiller à ce que les noms de lieux et la géographie soient reconnaissables par un large public. »
Cette décision fait suite au décret signé par Trump en août, demandant au département de l’Intérieur de modifier le nom du lac dans le système fédéral américain de dénomination géographique. Le décret s’applique à l’usage du gouvernement américain, mais n’oblige ni le Canada ni les organisations internationales à adopter cette nouvelle appellation.
Ce n’est pas la première fois que l’AP refuse de suivre une décision de Trump visant à modifier le nom d’une étendue d’eau. En 2025, l’agence avait refusé d’adopter le changement du nom du golfe du Mexique en « Gulf of America », ce qui avait conduit la Maison-Blanche à interdire à ses correspondants d’assister à certains événements ou de voyager à bord d’Air Force One.
Le « Lake America » se situe entre l’État de New York et la province canadienne de l’Ontario. Son ancien nom, « Lake Ontario », est antérieur aux deux pays, et la province de l’Ontario tire elle-même son nom du lac.
Selon l’AP, le cours d’eau porte le nom de lac Ontario depuis plus de 400 ans, d’après la Canadian Press.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a rejeté la décision de Trump, évoquant les origines autochtones du nom ainsi que son importance dans l’histoire canadienne.
« Nous savons que l’Amérique est en train de changer. Ses relations commerciales, sa politique étrangère, ses monuments nationaux, ses hydronymes », a écrit Carney sur X. « Les Canadiens savent également que nommer la réalité signifie l’appeler lac Ontario — hier, aujourd’hui et pour toujours. »
Apple Maps affichait également « Lake America » pour les utilisateurs américains au 2 septembre, tandis que les utilisateurs situés hors des États-Unis continuaient de voir « Lake Ontario ». MapQuest a refusé d’effectuer ce changement, estimant que les noms géographiques familiers doivent rester accessibles à ses utilisateurs.
« Nous avons adopté la même approche que pour le golfe du Mexique : participer à la conversation et proposer aux utilisateurs une application qui conserve les noms auxquels ils sont habitués », a déclaré Doug Berger, directeur général de MapQuest.
L’AP a adopté une approche différente concernant le mont McKinley, en Alaska, que Trump avait ordonné de renommer depuis son nom officiel précédent, Denali. L’agence a adopté « Mount McKinley » car le sommet se trouve entièrement aux États-Unis et que le président dispose d’une autorité sur les noms géographiques fédéraux.
Ce différend intervient alors que les tensions commerciales entre Washington et Ottawa s’aggravent, les droits de douane et les négociations au point mort mettant à rude épreuve les relations entre les deux pays.
Source: NewsMax – Read the original article
