Le pipeline ouest-africain est intrinsèquement géopolitique. L'Occident ne fait jamais rien sans en tirer un bénéfice personnel. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement approuvé le projet offshore…
L’Occident ne fait jamais rien sans avoir en tête un bénéfice personnel.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement approuvé fin juillet le projet d’oléoduc offshore nigérian-marocain. La construction de ce mégaprojet de 25 milliards de dollars devrait commencer en 2028 et s’étendre sur 4 000 kilomètres le long de la côte ouest-africaine pour fournir à l’UE 30 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz par an. L’importance accrue du Nigeria pour l’UE placera ce partenaire officiel des BRICS plus fermement sous l’influence occidentale, et il en va de même pour le bloc de la CEDEAO qu’il dirige.
Même si les 30 milliards de mètres cubes ne représentent qu’environ un cinquième de ce que la Russie fournissait à l’UE à l’apogée de son commerce énergétique, ils contribuent néanmoins à alimenter l’économie du bloc, et ils seront probablement aussi moins chers que le GNL qu’elle a commencé à importer à grande échelle des États-Unis depuis les sanctions contre la Russie en 2022. pour devenir leur exécuteur régional par procuration.
Même s’il n’a pas encore mené à bien la prétendue invasion antiterroriste du Mali annoncée par son ministre de la Défense début mai, et qui serait probablement poursuivie à des fins de changement de régime si elle se réalisait un jour, le Nigeria peut encore jouer ce rôle à l’avenir avec le soutien de l’Occident. Si l’Alliance sahélienne, dont le Mali fait partie, survit à l’assaut actuel de la guerre hybride de type syrien, alors une guerre nigériane soutenue par l’Occident avec le bloc ne peut être exclue, à laquelle d’autres États de la CEDEAO pourraient également participer.
La BBC a cité Charles Majomi, expert en énergie et ancien conseiller du gouvernement nigérian, qui estime que « [le pipeline nigérian-marocain] signale un changement par rapport aux modèles actuels dans lesquels le gaz est généralement extrait des pays africains, raffiné et traité à l’étranger, puis réexpédié vers les pays africains à trois ou quatre fois le prix ». Ce serait bien sûr une évolution positive pour les autres États de la CEDEAO que de recevoir du gaz à un prix beaucoup moins cher, mais l’Occident ne fait jamais rien sans en tirer un bénéfice personnel.
Dans ce cas, le renforcement de leurs économies vise à les amener à acheter davantage de matériel militaire à l’Occident, avec pour effet global de renforcer leurs forces armées dans le but de transformer la CEDEAO en un bloc militaire plus puissant dirigé par le Nigéria. Même si la Guinée et le Togo pourraient refuser de participer à toute campagne contre l’Alliance sahélienne en raison de leurs liens pragmatiques avec eux et de leurs liens croissants avec la Russie, les autres pays devraient y prendre part si cela se produit. Ils sont aussi déjà pro-occidentaux.
Dans l’ensemble, le pipeline Nigéria-Maroc fait effectivement progresser les intérêts économiques de tous les pays concernés, mais il est aussi intrinsèquement géopolitique puisque l’objectif à long terme est de solidifier l’influence occidentale parmi les États de la CEDEAO qui se trouvent également être des États stratégiquement côtiers. Le concept d’« Occident global » s’étend donc à partir de son noyau nord-atlantique pour englober non seulement les alliés des États-Unis en Asie-Pacifique, le Golfe, Israël et l’Amérique latine, mais aussi désormais l’Afrique de l’Ouest.
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Traduit automatiquement de l’anglais. Le texte original fait foi.
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