Aux États-Unis, le président n’est pas élu directement par les citoyens. La Constitution américaine prévoit un mécanisme indirect : le collège électoral. Lors de l’élection présidentielle, organisée tous les quatre ans, les électeurs de chaque État désignent en réalité des « grands électeurs », qui votent ensuite formellement pour le président et le vice-président.
Le collège électoral compte 538 membres. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs égal à sa représentation au Congrès, soit la somme de ses représentants à la Chambre et de ses deux sénateurs. Le district de Columbia, siège du gouvernement fédéral, dispose de trois grands électeurs en vertu du 23e amendement. Pour être élu, un candidat doit réunir la majorité absolue, soit au moins 270 voix.
Dans la quasi-totalité des États, la règle du « winner-take-all » s’applique : le candidat arrivé en tête du vote populaire dans l’État remporte l’intégralité de ses grands électeurs. Seuls le Maine et le Nebraska font exception, en attribuant une partie de leurs voix par circonscription. Ce système explique pourquoi les campagnes se concentrent sur un petit nombre d’États dits « pivots », où le résultat est incertain.
Un calendrier et des règles fixés par la Constitution
Après le scrutin de novembre, les grands électeurs se réunissent en décembre dans leur État respectif pour voter. Le Congrès procède ensuite au décompte officiel des voix début janvier, lors d’une séance conjointe présidée par le vice-président sortant. Le 12e amendement, adopté au début du XIXe siècle, impose des votes distincts pour le président et le vice-président.
Si aucun candidat n’atteint la majorité de 270 voix, la Chambre des représentants élit le président parmi les trois candidats arrivés en tête, chaque délégation d’État disposant d’une seule voix, tandis que le Sénat élit le vice-président. Ce mécanisme peut aboutir à l’élection d’un président n’ayant pas remporté le vote populaire national, comme ce fut le cas lors des scrutins de 2000 et de 2016. Cette caractéristique alimente un débat récurrent aux États-Unis entre partisans du système actuel et défenseurs d’une élection au suffrage direct, une réforme qui exigerait un amendement constitutionnel.
Source : Rédaction TFN
