16 juillet (Reuters) – Le président Donald Trump a relancé jeudi sa campagne visant à semer le doute sur les élections américaines, en déclassifiant des renseignements qui, selon lui, révélaient des fraudes et des ingérences étrangères, malgré les conclusions des services de renseignement et des études indépendantes qui contredisent plusieurs de ses affirmations.

Trump a affirmé à plus de 100 reprises, au cours du premier semestre 2026, que les élections de 2020 avaient été « truquées », et s’est servi de ces allégations pour inciter le Congrès à adopter une loi restrictive sur l’identification des électeurs, appelée SAVE America Act, qui imposerait des exigences strictes en matière d’identification aux électeurs et viserait une plus grande intervention fédérale dans les élections.
La loi SAVE America a été adoptée à plusieurs reprises à la majorité simple par la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les républicains, mais elle ne dispose pas des 60 voix nécessaires pour surmonter une obstruction parlementaire au Sénat, également dirigé par les républicains.
Trump a déclaré que la Maison Blanche publiait une multitude de documents classifiés qui, selon lui, révélaient des failles dans le système électoral américain, notamment des allégations selon lesquelles :
LA CHINE A CHERCHÉ À SOUTENIR LES DÉMOCRATES LORS DES RÉCENTES ÉLECTIONS
Trump a accusé le gouvernement chinois d’influencer les élections afin de nuire à ses collègues républicains lors des élections de mi-mandat de 2018 et de compromettre ses chances de réélection en 2020. Il a également accusé Pékin de compromettre les données sur les électeurs américains.
Un précédent rapport des services de renseignement américains aboutissait à une conclusion différente. Une évaluation de 2021 concluait que la Chine avait envisagé de mener des opérations d’influence visant à modifier le résultat de l’élection de 2020, mais y avait renoncé. Ces opérations avaient été menées sous la direction de John Ratcliffe, alors directeur du renseignement national sous Trump et aujourd’hui directeur de la CIA.
L’évaluation des services de renseignement a conclu que la Chine cherchait à recueillir des informations sur les électeurs américains, l’opinion publique et les partis politiques depuis au moins 2008. Les données électorales obtenues par la Chine n’étaient pas confidentielles et n’ont pas été utilisées pour modifier les votes.
LE VENEZUELA A MANIPULÉ SES MACHINES À VOTER ÉLECTRONIQUES
Trump s’est appuyé sur des documents de la CIA concernant une prétendue fraude électorale orchestrée par l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro pour affirmer que les machines à voter américaines étaient vulnérables au piratage. Il a déclaré que le gouvernement de Maduro avait été capable de modifier numériquement les résultats du vote.
Un document de la CIA résumant les rapports de renseignement entre 2004 et 2020 a révélé que le gouvernement vénézuélien avait la capacité de manipuler numériquement les votes.
Il n’existe aucune preuve que de telles fraudes électorales aient eu lieu lors des élections américaines, et Trump n’a jamais prétendu que ces techniques avaient été utilisées lors d’une quelconque élection aux États-Unis. Une théorie répandue par les partisans de Trump selon laquelle le gouvernement Maduro aurait piraté les machines à voter américaines en 2020 a été largement démentie.
UN GRAND NOMBRE DE NON-CITOYENS SONT INSCRITS SUR LES LISTES ÉLECTORALES
Trump a affirmé qu’une enquête du département de la Sécurité intérieure avait permis d’identifier environ 278 000 personnes non-citoyennes américaines inscrites sur les listes électorales fédérales, en violation de la loi américaine. Trump et ses alliés ont maintes fois mis en avant ces allégations afin d’obtenir un durcissement des restrictions au droit de vote.
Plusieurs États dirigés par des républicains ont volontairement transmis des données électorales privées à l’administration Trump afin d’identifier et de radier les personnes soupçonnées de ne pas être citoyennes de leurs listes électorales. L’administration Trump a perdu 15 procès visant à contraindre d’autres États, majoritairement dirigés par des démocrates, à fournir ces données, selon Democracy Docket, une publication en ligne spécialisée dans la sécurité des élections.
Des études indépendantes ont montré que le vote des non-citoyens est rare. Le Bipartisan Policy Center a constaté que, lors de la vérification de l’éligibilité des électeurs par les États, seuls 0,04 % des cas concernaient des non-citoyens. Des experts électoraux craignent que des électeurs éligibles ne soient privés de leur droit de vote suite à des purges massives des listes électorales.
