
L’administration Trump a déposé un mémoire soutenant OpenAI dans son conflit avec le New York Times et d’autres journaux concernant l’utilisation de leurs contenus pour entraîner les grands modèles de langage à l’origine de ChatGPT, estimant que l’entraînement des IA relève généralement de l’« usage équitable » des œuvres protégées par le droit d’auteur.
Le mémoire, déposé mardi devant un tribunal fédéral de Manhattan, semble être la première intervention du gouvernement américain dans la vague de poursuites engagées par des ayants droit, notamment des auteurs, éditeurs, maisons de disques et médias, concernant l’entraînement des IA.
Un mémoire de ce type a une valeur consultative plutôt que juridique, mais il pourrait renforcer la position des entreprises technologiques qui contestent ces accusations.
« Les États-Unis ont un intérêt majeur à ce que ce tribunal rejette tout argument selon lequel l’entraînement des LLM à partir de textes protégés par le droit d’auteur constitue une violation de la loi », indique le mémoire, notamment au nom de l’avancement scientifique et de la sécurité nationale.
Les porte-parole du New York Times et d’OpenAI n’ont pas immédiatement répondu mercredi aux demandes de commentaires concernant ce dépôt.
« La domination dans le domaine de l’IA est essentielle pour renforcer la sécurité nationale, la prospérité et la mobilité économique de tous les Américains », a déclaré le procureur général adjoint Stanley Woodward dans un message publié sur X.
« Cette administration ne permettra jamais à notre nation d’être désavantagée face à ses adversaires étrangers en raison d’une interprétation manifestement erronée du droit d’auteur. »
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a séparément déclaré mercredi aux responsables du G20, lors d’une réunion en Caroline du Nord, que leurs pays devraient adopter le principe de l’usage équitable et permettre aux entreprises d’IA d’entraîner leurs modèles à partir des œuvres des créateurs, tout en trouvant un moyen de « protéger les artistes ».
La plainte du New York Times, déposée pour la première fois en 2023, accuse OpenAI et son principal bailleur de fonds, Microsoft, d’avoir utilisé des millions d’articles du journal sans autorisation pour entraîner le célèbre chatbot d’OpenAI.
Cette affaire fait partie des dizaines de poursuites engagées par des ayants droit contre des entreprises technologiques telles qu’OpenAI, Anthropic et Meta Platforms, qu’ils accusent d’avoir utilisé abusivement leurs contenus pour entraîner des systèmes d’intelligence artificielle.
Toutes les affaires actuellement en cours devraient notamment dépendre de la question de savoir si les systèmes d’IA font un usage équitable des œuvres protégées lorsqu’ils les utilisent pour créer de nouveaux contenus transformateurs.
Les deux premiers juges à s’être penchés sur cette question ont rendu l’an dernier des décisions divergentes.
Le gouvernement a rejoint mardi les entreprises technologiques pour affirmer que l’entraînement des IA est « extraordinairement » transformateur.
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