
Le ministre de l’Énergie saoudien a annoncé cette semaine que son gouvernement avait découvert à Médine, deuxième ville la plus sainte de l’islam, un gisement de 110 millions de tonnes de terres rares et d’uranium, que le pays prévoit d’exploiter afin de diversifier son secteur énergétique.
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a révélé cette découverte lundi lors de la conférence annuelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme des Nations unies chargé des questions nucléaires.
Cette annonce intervient après une annonce majeure de la Maison-Blanche cette année, selon laquelle le président Donald Trump avait approuvé un accord visant à aider l’Arabie saoudite à développer son secteur de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, notamment énergétiques et médicales. Elle intervient également alors que le secteur pétrolier, pilier de l’économie saoudienne, traverse une période difficile, tandis que l’Iran et ses groupes alliés perturbent le transport maritime international au Moyen-Orient.
Selon le média saoudien Al Arabiya, le prince a annoncé que son gouvernement estimait qu’un ensemble de terres rares et de concentrations d’uranium représentait une ressource de 110 millions de tonnes découverte à Médine. Le ministre de l’Énergie a indiqué que l’Arabie saoudite utiliserait ces ressources pour contribuer à diversifier son économie.
Le prince Abdulaziz aurait également profité de son intervention pour assurer que l’Arabie saoudite respecterait le droit international en matière de développement nucléaire et de non-prolifération, et qu’elle ne chercherait pas à utiliser des matières nucléaires pour fabriquer des armes.
« Le Royaume suit une approche claire fondée sur la transparence, l’ouverture et la coopération internationale », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Arabie saoudite ne chercherait pas à développer une arme nucléaire « par le biais d’activités menées dans le secret ou d’installations dissimulées au plus profond des montagnes ».
Cette dernière remarque semblait être une critique voilée de l’Iran voisin, qui a pendant des années maintenu des installations d’enrichissement d’uranium profondément enfouies dans des complexes souterrains, dont les plus importants auraient été détruits par des frappes aériennes américaines en juin 2025.
Outre le potentiel nucléaire des ressources qui auraient été découvertes, le prince Abdulaziz aurait déclaré que cette découverte figurait « parmi les sites de ressources en terres rares les plus importants actuellement en développement dans le monde ».
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a publié lundi sur les réseaux sociaux une photo avec le prince Abdulaziz, évoquant les détails de leur rencontre et proposant le soutien de son agence au développement nucléaire saoudien.
« L’Arabie saoudite fait avancer son programme d’énergie nucléaire et son réacteur de recherche, avec un engagement fort en faveur de la non-prolifération », a écrit Grossi sur Twitter. « L’@IAEAorg est prête à soutenir [l’Arabie saoudite] à chaque étape. »
Depuis des décennies, l’Arabie saoudite compte parmi les principaux producteurs de pétrole au monde, accumulant d’importantes richesses et développant de grandes villes grâce aux revenus pétroliers. La compagnie pétrolière publique Aramco figure parmi les entreprises les plus valorisées au monde.
Après la nomination du prince Mohammed ben Salmane comme prince héritier du pays en 2017, une fonction qui lui a conféré de facto le pouvoir de diriger le pays, le gouvernement a mis en place un programme baptisé « Vision 2030 », destiné à diversifier l’économie et à protéger l’Arabie saoudite contre un éventuel effondrement de l’industrie pétrolière.
Un volet majeur de « Vision 2030 » consiste à développer des secteurs énergétiques alternatifs, notamment différentes formes d’énergies « vertes » et l’énergie nucléaire.
En octobre 2017, le gouvernement saoudien avait annoncé qu’il commencerait à limiter ses exportations d’uranium afin de développer une solide industrie nucléaire nationale.
« Concernant la production d’uranium dans le Royaume, il s’agit de notre première étape vers l’autosuffisance dans la production de combustible nucléaire », avait déclaré à l’époque Hashim bin Abdullah Yamani, le responsable saoudien chargé de l’énergie nucléaire.
Le développement des capacités de production de terres rares est également devenu un élément de « Vision 2030 ». Les terres rares regroupent différents matériaux utilisés notamment pour fabriquer des batteries et des technologies avancées comme les ordinateurs portables et les téléphones mobiles. Ce secteur est actuellement largement dominé par la Chine.
En janvier 2025, des responsables saoudiens avaient annoncé leur volonté de remettre en question cette domination, en lançant un projet d’investissement minier de 100 milliards de dollars.
Presque au même moment, Aramco avait annoncé qu’elle s’associerait à la société minière publique saoudienne Ma’aden dans le cadre d’un projet visant à développer la production de minerais destinés à la « transition énergétique », terme généralement utilisé pour désigner le remplacement des combustibles fossiles par des alternatives « vertes ».
Plus tard cette année-là, le président Trump avait annoncé que lui et le prince héritier Mohammed ben Salmane s’étaient mis d’accord sur un projet commun visant à développer les ressources en terres rares. Le projet devait permettre à une entreprise américaine de prendre une participation dans une mine saoudienne et de contribuer au développement de ses ressources.
Le département américain de l’Énergie a signé en juillet un accord similaire avec l’Arabie saoudite dans le domaine de l’énergie nucléaire.
Le département de l’Énergie avait présenté cet accord comme un « partenariat de plusieurs décennies et de plusieurs milliards de dollars qui fait progresser plusieurs objectifs économiques et stratégiques prioritaires, notamment la non-prolifération nucléaire ».
L’accord permettrait à l’Arabie saoudite d’accéder aux technologies nucléaires américaines avancées, selon les assurances données par les deux gouvernements, tout en respectant « les normes les plus élevées en matière de sécurité nucléaire et de non-prolifération ».
Grossi, le directeur de l’AIEA, s’est également montré favorable à cet accord, expliquant la semaine dernière que son agence restait impliquée et veillerait au respect des normes juridiques en matière de non-prolifération nucléaire.
« Ce qui est important, c’est que lors des consultations et du processus de préparation, il a été possible d’introduire plusieurs dispositions dans l’accord bilatéral qui donneront à l’Agence des autorisations supplémentaires en matière de vérification et de contrôle », a-t-il expliqué.
« Ce sont des activités sensibles, comme nous le savons tous. Pour celles-ci, nous disposerons d’autorisations et de capacités très similaires à celles que l’on peut trouver dans un protocole additionnel. »
Source: Brietbart – Read the original Article
