
Anthropic, l’entreprise derrière Claude, a modélisé trois scénarios possibles pour l’économie mondiale à l’horizon 2030, selon le niveau de performance de l’IA, son adoption par les entreprises et la capacité des travailleurs à s’adapter.
Dans le scénario intermédiaire, jugé particulièrement intéressant, le PIB serait 8,3 % supérieur à sa trajectoire sans IA en 2030. La croissance annuelle atteindrait 5,4 %, contre 2 % dans le scénario de référence, tandis que le stock de capital augmenterait de 13,8 %.
L’un des effets les plus surprenants serait une forte hausse de la demande de travailleurs manuels et qualifiés. L’IA pourrait prendre en charge la moitié des tâches intellectuelles d’ici 2030, mais une grande partie du travail continuerait à être réalisée sans elle.
L’exemple d’une usine illustre ce mécanisme : si l’IA réduit le coût de l’ingénierie, de la planification et de l’administration, un projet industriel auparavant peu rentable peut devenir intéressant. L’entreprise investit alors davantage, créant de nouveaux emplois dans la construction, l’installation d’équipements et la maintenance.
Dans ce scénario, les salaires réels des professions situées en dehors du travail intellectuel seraient 5,9 % plus élevés qu’en l’absence d’IA. À l’inverse, les salaires des travailleurs intellectuels seraient 0,3 % inférieurs à leur trajectoire prévue, tandis que l’emploi dans ces professions reculerait de 3,9 % par rapport à mi-2026.
Le chômage global atteindrait 4,6 %, contre 3,8 % dans le scénario de référence.
Les travailleurs déplacés pourraient toutefois bénéficier d’une autre source de revenus : le capital. Les revenus du capital seraient 18,9 % supérieurs au scénario sans IA en 2030. De nombreux travailleurs possèdent déjà des actions ou des placements via leurs comptes de retraite, ce qui pourrait compenser une partie de la baisse des revenus professionnels.
La Réserve fédérale pourrait également assouplir sa politique monétaire si la demande ralentissait et que le chômage augmentait.
L’étude estime également que l’IA et l’augmentation du capital pourraient réduire la nécessité de recourir à l’immigration pour soutenir la croissance. Selon cette analyse, une immigration massive pourrait même réduire les gains salariaux des travailleurs manuels en augmentant l’offre de main-d’œuvre.
L’avenir décrit par Anthropic serait donc particulièrement favorable aux cols bleus américains : davantage d’équipements, plus de demande pour leurs compétences et des salaires plus élevés, tandis que certains emplois de bureau pourraient disparaître.
L’étude provient néanmoins d’Anthropic, qui possède évidemment un intérêt financier à présenter une vision favorable des effets économiques de l’IA.
Source: Brietbart – Read the original Article
