
Face au niveau d’inquiétude grandissant autour des data centers, qui frôle désormais l’hystérie, on pourrait croire que les Américains se précipitent soudainement pour construire des décharges de déchets nucléaires à côté des écoles primaires et que des boues radioactives menacent d’engloutir les enfants à travers tout le pays.
À ce stade, les data centers deviennent rapidement la nouvelle cible de la colère américaine, alors même que tous ceux qui profitent des avantages des technologies modernes cherchent simultanément à détruire les infrastructures indispensables à leur fonctionnement.
Chaque photo publiée sur Instagram, chaque série regardée sur Netflix, chaque recherche Google, chaque sauvegarde dans le cloud, chaque appel Zoom et chaque question embarrassante posée à Claude doivent être traités et stockés quelque part.
L’époque des disquettes, des CD-ROM et des lecteurs MiniDisc est depuis longtemps révolue. Tout passe désormais par le cloud — et pour les membres du Congrès qui nous lisent, le « cloud » n’est évidemment pas un nuage.
C’est un immense bâtiment rempli d’ordinateurs : un data center.
Ce qui rend cette hystérie particulièrement absurde, c’est qu’il existe déjà des milliers de ces bâtiments à travers le pays et que, pendant des années, la plupart des gens ne leur prêtaient quasiment aucune attention.
Mais soudain, on nous demande de paniquer.
Pourquoi ?
Comme souvent, une partie de la réponse tient au fait que la peur est un excellent outil pour générer des clics.
Après tout, qui ne serait pas tenté d’ouvrir un article expliquant que le dernier data center va transformer sa communauté en scénario digne de Terminator ?
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les inquiétudes sont imaginaires ou sans importance.
Il est vrai, par exemple, que les data centers consomment d’énormes quantités d’électricité, que des installations mal implantées peuvent provoquer des nuisances sonores et que des projets de grande ampleur peuvent exercer une pression supplémentaire sur les ressources locales en eau et sur les infrastructures électriques.
Toutes ces questions sont légitimes et doivent être examinées et débattues par les autorités locales, les entreprises de services publics et les habitants.
Mais il existe une différence énorme entre exiger un développement responsable d’une infrastructure dont nous avons besoin et prétendre que les data centers constituent en eux-mêmes un grand mal social injustifié, qu’il faudrait traiter comme la peinture au plomb ou l’amiante.
Pour ne rien arranger, les data centers sont devenus un bouc émissaire idéal pour les responsables politiques qui cherchent quelqu’un d’autre à blâmer pour les conséquences de leurs politiques énergétiques défaillantes.
Alors que notre société poursuit sa transformation vers une économie toujours plus électrifiée — que ce soit à travers l’automatisation, les initiatives dites « vertes » ou l’intelligence artificielle — la demande en électricité continuera d’augmenter, tandis que l’offre reste à la traîne dans certaines régions.
Source: NewsMax – Read the original Article
