
Le président chinois Xi Jinping, en visite en Égypte pour la première fois en dix ans, a mis en garde mercredi contre les « ingérences extérieures » au Moyen-Orient, alors que la région sombre une nouvelle fois dans la guerre.
Le conflit était au cœur des discussions au palais Al-Ittihadiya, au Caire.
Xi Jinping et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont appelé à des « solutions diplomatiques » afin de mettre durablement fin aux hostilités déclenchées par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.
« Nous devons respecter le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leur propre destin et nous opposer aux ingérences extérieures », a déclaré Xi, dont les propos ont été rapportés par l’agence de presse officielle Xinhua.
Il a également déclaré être prêt à travailler avec les pays de la région pour garantir la sécurité de la navigation, mise à mal par les attaques régulières contre des navires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Canal de Suez
L’Égypte a déroulé le tapis rouge pour Xi Jinping, qui a profité de cette visite porteuse de promesses économiques pour se rendre au Grand Musée égyptien, près des pyramides de Gizeh.
Dans toute la mégapole de plus de 26 millions d’habitants, les principales avenues étaient décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux affichant les deux présidents ou célébrant des « générations d’amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil ».
Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ 4 milliards de dollars d’investissements, selon les autorités.
Cette annonce, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la région du canal de Suez, alors que la guerre entre les États-Unis et l’Iran menace le commerce maritime mondial.
Une série d’accords supplémentaires ont été signés dans les secteurs de l’industrie, des transports et des technologies.
Les deux pays ont notamment annoncé une coopération étendue dans le domaine des centres de données.
La visite du président chinois intervient alors que Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l’Iran.
Pékin, l’un des principaux partenaires de Téhéran, se retrouve en première ligne et cherche à obtenir le soutien du Caire, dont les banques sont également ciblées.
La semaine dernière, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Bank Misr, accusée d’avoir participé à des transactions financières avec Téhéran.
Autonomie stratégique
Dans le cadre de son offensive, Washington s’est engagé le mois dernier à étouffer l’économie iranienne, menaçant d’élargir ses sanctions, qui pourraient également toucher les banques chinoises.
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